Les Haulz et les bas à Montalbâne
par
J’avais il y a peu évoqué la sortie prochaine de cet enregistrement, le deuxième d’une série que le label Talanton consacre à des concerts saisis sur le vif au festival MONTALBANE.
Ici, avec Les haulz et les bas, la Alta Capella médiévale trouve tout son sens...
Première condition : les chalemies-bombardes tout de suite identifiables ! Gesine Bänfer et Ian Harrison produisent désormais un "son" qu’on ne trouve que très rarement chez les autres ensembles, issu sans doute d’une réflexion en profondeur sur les anches anciennes !
Deuxième condition : le nouveau son de l’ensemble vient avant tout du choix des "trompettes" : non des trompettes à coulisse et encore moins des anachroniques sacqueboutes ! mais des busines droites, réalisées spécialement d’après l’instrument du XIVe siècle retrouvé dans la Tamise. Leur tessiture est certes réduite et limite les possibilités à des sonneries ; mais l’effet et la présence sont saisissants, particulièrement quand les deux instruments se répondent en timbrant au maximum de leur possibilité....
Troisième condition : le fait de faire appel aux percussions. Bien sûr, celles-ci n’apparaissent quasiment jamais dans les représentations d’Alta Capella occidentales : mais leur présence anime indiscutablement les pièces parfois bien connues et leur apporte parfois
la touche orientale qui ressort nettement de certaines pièces, en particulier celles choisies dans les traditions d’Italie, de Bulgarie ou de Turquie... et l’allusion faite aux naubat indiens.
L’appel aux improvisations, favorisées par les conditions du concert, renouvelle l’écoute de certaines pièces bien connues.
Mais qu’on ne se trompe pas : c’est bien là un enregistrement de "musique médiévale", avec des partis-pris justifiés musicologiquement, reprenant des pièces bien connues de Dufay, Machaut, ou des estampies du British museum Ad.29987...
Un bel enregistrement, donc ! indispensable pour tout amateur d’Alta capella...


Commentaires